Viens !
Ce que je vis maintenant, ici, a pour arrière-fond un épisode de l’évangile où Pierre et les disciples sont dans la barque malmenée par la tempête. Cet épisode a été déclencheur au moment où je désirais revenir ici mais me posais beaucoup de questions. La silhouette de Jésus apparaît dans la nuit. Ce n’était pas un fantôme mais mon Ami de cœur qui venait à moi, marchant au milieu de mes tumultes intérieurs. J’ai été saisie par une évidence : Il est Vivant, tout est possible ! et du même coup j’ai entendu: VIENS ! Je me suis sentie me mettre debout, je me suis élancée vers lui et me voici à Kinshasa ! Je vis au quotidien ou alternativement la simultanéïté de l’élan qui pousse à prendre tous les risques et le contact avec les vagues menaçantes qui fait crier : « Au secours ! »
Surfer sur la vague
Ici je ne subsiste que grâce à l’hospitalité de la famille de Nsimba et en m’associant aux initiatives du pasteur Alfred Mbuta et d’Arobase. L’engagement désintéressé qui les anime est bon à partager. Ils sont des petites sources dans le désert social où recherche de profit prédomine. (Peut-être n’en est-il pas autrement chez nous.) Je suis frappée de voir à quel point mes amis ont envie de profiter de mon passage pour surfer sur l’opportunité que représente la visite (d'une européenne):
Ainsi dans la paroisse, d'Alfred, autour du projet des maraîchers nous nous sommes rencontrés avec un formateur pour préparer un petit séminaire en trois volets sur la culture et l’intérêt du moringa, appelé l’arbre miracle, à cause de ses vertus nutritionelles remarquables, de ses nombreuses applications thérapeutiques et la facilité de sa culture. Nous avons commencé hier, après avoir fait le tour des jardins qui ont profité de l’encadrement de l’ingénieur agronome. J’ai vu les fruits de cet investissement : le terrain est restructuré, la péninière fournit des plants sains, les cultures sont abondantes et la commercialisation a déjà commencé.

Nos solutions ne sont pas leurs solutions.
Par contre le puits qui a coûté le plus cher présente un défaut . Ils ont creusé un trou à côté, où l’eau est beaucoup plus abondante , mais exposée à la pollution. Autre coup dur : les outils des jardiniers ont été volés dans un local fermé et sensé être gardé par une sentinelle. Ce qui m’est proposé de vivre demandé est toute autre chose que la mise en œuvre de ma bonne volonté. Le processus passe par la confrontation à la réalité, à l’évidence que tout ce que je fais peut être est sujet de mal entendu, détourné de son but
A l’atelier de poterie les étagères sont pleines des belles œuvres créées par le petit groupe restant sous l’impulsion d’Arobase qui finit maintenant son engagement de formateur avec eux. Alors qu’ils attendent la cuisson – autre chapitre dont je vous parlerai encore – l’autre épreuve de feu qui les attend sera la vente. Pendant mon séjour nous façonnons de petits objets que nous cuirons dans le charbon de bois à l’intérieur d’une grande boîte de conserve, histoire de leur montrer un mode de cuisson qui est à la portée de chacun.
Demain ou jamais ?
Du côté du Ciarue, l’atelier des enfants de la rue d’Arobase, le curé qui voulait donner réponse vendredi reçoit actuellement tous les évêques pour une fête à Kinshasa et n’a pas redonné signe et le fonctionnaire qui avait promis le dossier pour « demain » était absent du bureau pour trois jours…scénarios connus et classiques. Il faudra repasser inlassablement jusqu’à obtenir gain de cause.
Hier Arobase avait convoqué le comité du Ciarue. Une heure trente après l’heure fixée ils étaient cinq sur huit. Nous commençons avec le constat que le comité a marché en boîtant pendant toute l’année et il resortira de l’analyse faite par les membres présents qu’Arobase qui a engedré cet atelier seul et sans moyens, doit apprendre à communiquer et à se référer à ses conseillers. Pourtant le travail avec les enfants continue très bien, l’alphabétisation sera soutenue par une enseignante mieux formée que les deux jeunes. Trois nouvelles personnes vont se joindre au travail : un enseignant en poterie, un jeune gestionnaire licencié en économie du quartier qui rend déjà d’énormes services et une dame pour préparer le repas du soir vont être engagés.
Comme un poisson dans l'eau!
C’est un cadeau inouï de voir par moment de façon tangible et matérielle les traces du Vivant. Quand aux moments d'exaltation succèdent très vite les moments où j'ai l’impression de perdre complétement pieds, d’être submergée, perdue cela fait partie du lot. Dimanche dernier j’ai retenu dans le message fougueux du pasteur Alfred : « La foi c’est ce qui nous permet de nous laisser submerger par le néant, et la grâce c’est de constater qu’on en ressort vivant. »
C’est ainsi que je me sens. Reliée à ce qui est essentiel. Une image que ma petite soeur m'a envoyée: celle d'un petit poisson au milieu d’un océan, m'encourage à nager quand je me sens dépassée, à ne pas trop prendre au sérieux les impressions qui me traversent et à me considérer ainsi je suis "heureuse comme un poisson dans l'eau"! Surtout que l'eau qui m'environne fait partie d'un océan d'amour.
Reprise des combats
A l'Est, à Goma, où séjourne Jean-Claude, les combats entre rebelles et armée congolaise ont repris. Les rebelles sont repoussés plus loin de la ville et toute la population espère enfin sortir de ces temps troublés. Jour après jour, le travail se poursuit, dans une conscience plus grande de vulnérabilité et dans la conscience que l'appel à être là demeure clair. C'est cela notre sécurité.
Ainsi dans la paroisse, d'Alfred, autour du projet des maraîchers nous nous sommes rencontrés avec un formateur pour préparer un petit séminaire en trois volets sur la culture et l’intérêt du moringa, appelé l’arbre miracle, à cause de ses vertus nutritionelles remarquables, de ses nombreuses applications thérapeutiques et la facilité de sa culture. Nous avons commencé hier, après avoir fait le tour des jardins qui ont profité de l’encadrement de l’ingénieur agronome. J’ai vu les fruits de cet investissement : le terrain est restructuré, la péninière fournit des plants sains, les cultures sont abondantes et la commercialisation a déjà commencé.

Nos solutions ne sont pas leurs solutions.
Par contre le puits qui a coûté le plus cher présente un défaut . Ils ont creusé un trou à côté, où l’eau est beaucoup plus abondante , mais exposée à la pollution. Autre coup dur : les outils des jardiniers ont été volés dans un local fermé et sensé être gardé par une sentinelle. Ce qui m’est proposé de vivre demandé est toute autre chose que la mise en œuvre de ma bonne volonté. Le processus passe par la confrontation à la réalité, à l’évidence que tout ce que je fais peut être est sujet de mal entendu, détourné de son but
A l’atelier de poterie les étagères sont pleines des belles œuvres créées par le petit groupe restant sous l’impulsion d’Arobase qui finit maintenant son engagement de formateur avec eux. Alors qu’ils attendent la cuisson – autre chapitre dont je vous parlerai encore – l’autre épreuve de feu qui les attend sera la vente. Pendant mon séjour nous façonnons de petits objets que nous cuirons dans le charbon de bois à l’intérieur d’une grande boîte de conserve, histoire de leur montrer un mode de cuisson qui est à la portée de chacun.
Demain ou jamais ? Du côté du Ciarue, l’atelier des enfants de la rue d’Arobase, le curé qui voulait donner réponse vendredi reçoit actuellement tous les évêques pour une fête à Kinshasa et n’a pas redonné signe et le fonctionnaire qui avait promis le dossier pour « demain » était absent du bureau pour trois jours…scénarios connus et classiques. Il faudra repasser inlassablement jusqu’à obtenir gain de cause.
Hier Arobase avait convoqué le comité du Ciarue. Une heure trente après l’heure fixée ils étaient cinq sur huit. Nous commençons avec le constat que le comité a marché en boîtant pendant toute l’année et il resortira de l’analyse faite par les membres présents qu’Arobase qui a engedré cet atelier seul et sans moyens, doit apprendre à communiquer et à se référer à ses conseillers. Pourtant le travail avec les enfants continue très bien, l’alphabétisation sera soutenue par une enseignante mieux formée que les deux jeunes. Trois nouvelles personnes vont se joindre au travail : un enseignant en poterie, un jeune gestionnaire licencié en économie du quartier qui rend déjà d’énormes services et une dame pour préparer le repas du soir vont être engagés.
Comme un poisson dans l'eau!
C’est un cadeau inouï de voir par moment de façon tangible et matérielle les traces du Vivant. Quand aux moments d'exaltation succèdent très vite les moments où j'ai l’impression de perdre complétement pieds, d’être submergée, perdue cela fait partie du lot. Dimanche dernier j’ai retenu dans le message fougueux du pasteur Alfred : « La foi c’est ce qui nous permet de nous laisser submerger par le néant, et la grâce c’est de constater qu’on en ressort vivant. »
C’est ainsi que je me sens. Reliée à ce qui est essentiel. Une image que ma petite soeur m'a envoyée: celle d'un petit poisson au milieu d’un océan, m'encourage à nager quand je me sens dépassée, à ne pas trop prendre au sérieux les impressions qui me traversent et à me considérer ainsi je suis "heureuse comme un poisson dans l'eau"! Surtout que l'eau qui m'environne fait partie d'un océan d'amour.
Reprise des combats
A l'Est, à Goma, où séjourne Jean-Claude, les combats entre rebelles et armée congolaise ont repris. Les rebelles sont repoussés plus loin de la ville et toute la population espère enfin sortir de ces temps troublés. Jour après jour, le travail se poursuit, dans une conscience plus grande de vulnérabilité et dans la conscience que l'appel à être là demeure clair. C'est cela notre sécurité.

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