En vol...
Me voici dans l'avion, assez contente de moi, d'avoir réussi à faire seule toutes les démarches, d'être arrivée à l'heure dans l'avion avec mon billet, mon passeport, mes bagages et ma tête sur les épaules!Voilà cinq heures que nous survolons la terre et je laisse mes pensées gamberger:
'Par-dessus le paysage de notre pays qui apparaît comme un quadriallage de champs et de villes, traversé de routes, et de rivières,
par-dessus les alpes, la méditerranéée, le désert, la steppe et les forêts,
le grand oiseau d'acier me porte depuis le village où j'ai planté mes racines vers l'Afrique...Une tendresse m'accompagne. Je goûte un sentiment doux et nouveau pour moi : être dans l'avion, tranquille, sans peur! Quelle guérison par rapport aux tourmentes traversées lors de nos premiers voyages. (Bon le trajet d'Europe en Afrique est nettement moins houleux que la traversée du triangle des Bermudes).
Arrivée

Dans la chaleur, l'aéroport bondé, retrouver ses valises et les amis venus m'attendre est déjà un grand soulagement. Au retour nous sommes tombés dans des embouteillages "makasi" (forts) et avons mis 4 h pour faire le trajet de 30km. Nsimba m'accueille dans sa maison, un lieu tranquille au milieu de la ville. Ma chambre est dans une petite maison dans sa cour. On a tout: eau, électricité, connexion…Le luxe!
Nsimba

Nsimba, nous l'avons connue quand elle était étudiante infirmière et avait 18 ans. Elle en a 60 cette année. Entre elle et son mari, qui est conseiller à la présidence, ils ont 12 enfants à charge plus toute une quirielle de neveux qui comptent sur eux. Pour faire face aux nombreuses demandes de tout genre Nsimba, s'est lancée dans la culture maraîchère et le commerce des produits cultivés. Femme forte, entreprenante, sa maison est une petite entreprise familiale, qui fournit du travail aux membres de sa famille. Ce qui me touche chez elle c'est sa fidélité à ce qui nous a uni dans ses jeunes années, raison pour laquelle elle me traite avec autant d'égards que si j'étais sa mère.
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| Le père de la fiancée reçoit les casiers de boisson |
| Le cortège des femmes qui amène la fiancée. |
Samedi soir elle a tenu à ce que j'assiste à la fête des fiançailles traditionnelles d'une nièce. Ici le mariage n'est pas une alliance entre deux personnes d’abord mais entre deux familles et les étapes sont fortement ritualisées. C'est toute une petite mise en scène : la famille de la fille accueille une délégation de la famille du garçon. Celle-ci annonce le motif de sa visite : "Nous sommes venus vous demander votre fille en mariage." La famille a caché sa fille et répond<. "Mais qui êtes-vous ? nous ne vous connaissons pas. » Alors commencent les présentations de tous les membres des deux familles. Lorsque la famille du garçon aura apporté les casiers de boisson, les femmes iront chercher la fille et l’amèneront vers le fiancé en dansant et chantant.
La famille du garçon va être alors nourrie en premier. Jusque là on n’a rien mangé ni bu. Ensuite la famille de la fille sera nourrie à son tour. Les fiançailles étant officialisées, il restera au jeune homme à rassembler la dot, tout ce que la famille exige avant de laisser partir sa fille. Les jeunes fiancés étaient là en silence, très dignes et impassibles, soumis à la tradition.
Mes amis des ateliers de l'église
Dimanche et lundi j'ai retrouvé mes amis de l'église du quartier pauvre du Camp Luka où nous avons commencé l'atelier de poterie. Quel contraste entre cet immense quartier, dense, insalubre, surpeuplé, grouillant de vie et les grandes artères de la ville qui sont beaucoup mieux entretenues qu'avant.
Les responsables des ateliers de poterie, microcrédit, jardinage me racontent leurs bonheurs et leurs malheurs. Les jardins ont belle allure. La petite entreprise de microcrédit qui a démarré avec un capital de 1000$ dessert une vingtaine de femmes, les jardins ont prospéré.
Cris de joie en retrouvant les amis potiers à l'atelier. A la fin je demande qu'on me conduise à la maison Maman Angèle, la belle potière qui vient d'avoir un bébé. Le voyage est plus long que
prévu et je suis sous le choc de ces immenses quartiers populeux traversés par des routes défoncées. Je demande en mon coeur :"Est-ce au milieu de ces détritus que tu veux me faire voir Ton Visage?" Arrivés au but, on nous conduit au fond de la parcelle, dans une pièce sombre où je distingue à peine la silhouette d'une grand-mère, d'une jeune femme qui berce un bébé et d'Angèle accroupie en train de travailler. Devant ce tableau "Gloire à Dieu" monte naturellement de mes lèvres. Angèle se dresse avec un immense cri de surprise et de joie : "Thérèse!" Elle serre dans ses bras, me tend l'enfant, je demande son nom :"Gloire à Dieu" est son nom!
Je suis partie de là comme hébétée et c'est seulement le jour suivant que j'ai réalisé, que le parcours d'hier était comme un chemin vers la Crèche et que Dieu m'a montré par ce petit enfant que la Nativité est aujourd'hui au milieu des plus pauvres de ces quartiers mal-aimés.
Espérer contre toute espérance.
Il y a tant de choses que j'espère avec nos amis d'ici. Mais avec le temps qui passe, et l'absence d'ouverture, l'espérance est menacée par moments. Cela fait une année que les différentes démarches pour trouver un lieu où la petit atelier d'Arobase et les enfants pourront vivre en paix piétinent. Le dossier a peu avancé

"Dans mon pays l'administration et la société en général est basée sur la tricherie, le mensonge, la recherche de profit personnel. Les gens qui agissent de façon désintéressée et dans la lumière dérangent. "
Ce qui sauve ici, c'est les relations. C'est ainsi qu'hier nous sommes allés au bureau du Procureur général de la république qui est un ami et qui intervient au moment opportun pour débloquer la situation. Hier il nous a dit de passer au ministère de la justice pour faire passer notre demande sur le bureau du ministre. C'était assez cocasse, en passant, de voir de nos yeux les fonctionnaires à l'oeuvre: celle qui nous a reçus était entrain de regarder la télévision. En notre présence un homme de service lui apporte une bière qu'elle débouche et boit sous nos yeux, en répondant mollement à nos questions. Et pourtant nous sommes partis avec la promesse qu'aujourd'hui notre dossier serait remis sur la table!
Maison introuvable
Hantés par le besoin de trouver des contacts pour l'acquisition de la maison, nous sommes aussi passé au Reejer, Réseau des éducateurs des jeunes et des enfants de la rue, qui synchronise toute l'activité à Kinshasa. Des dizaines d'ONG sont enregistrées là. Pourtant nous sentons que nous sommes pas à notre place dans ce bureau qui est orienté vers les concepts et les statistiques mais semble indifférent à ce qui se passe en réalité dans le terrain. Ils nous font comprendre que le petit Centre d'Arobase ne correspond pas aux critères. Pour être habilité à poser une demande, il faut disposer d'une parcelle. Il faudra évoluer ou disparaître nous dit-on. Il y avait quand même deux personnes sympathiques et humaines dont un professeur qui a dit : "Si tout le monde était comme vous l'encadrement des enfants de la rue serait assuré à Kinshasa." Il a promis de passer voir le travail sur place.
Pourquoi m'as-tu jetée dans ce pétrin?
En mon coeur je dis à mon Dieu, pourquoi m'as-tu jetée dans ce pétrin, pourquoi m'as tu placée dans ces situations où je sens le sol se dérober sous mes pieds?"
Assez découragés nous amorçons la dernière visite: chez l'Abbé de la paroisse de Notre Dame où
Arobase prie le dimanche. Là, comme partout où il est connu, Arobase est salué avec jovialité et poignées de mains. C'est jour de consultations. Nous sommes reçus dans le beau bureau du curé. En deux mots nous expliquons le travail du Ciarue et le problème qui nous amène. Il semble recevoir notre demande comme tout à fait naturelle : est-ce que vous cherchez une parcelle à acheter ou un terrain mis à votre disposition pour y ériger votre centre?! Il veut faire une recherche, demander l'autorisation au cardinal et nous donner des nouvelles d'ici vendredi! Je me suis retenue de lui sauter au cou!
Tout cela semblait si simple et si naturel pour lui. Alors qu'on venait de nous dire qu'il n'y a pas de terrain à Kinshasa, et qu'il est impossible qu'on nous aide à en acquérir. Il est vrai que l'église catholique, dispose encore d'espace. Priez avec nous que cette ouverture se confirme.
Maison introuvable
Hantés par le besoin de trouver des contacts pour l'acquisition de la maison, nous sommes aussi passé au Reejer, Réseau des éducateurs des jeunes et des enfants de la rue, qui synchronise toute l'activité à Kinshasa. Des dizaines d'ONG sont enregistrées là. Pourtant nous sentons que nous sommes pas à notre place dans ce bureau qui est orienté vers les concepts et les statistiques mais semble indifférent à ce qui se passe en réalité dans le terrain. Ils nous font comprendre que le petit Centre d'Arobase ne correspond pas aux critères. Pour être habilité à poser une demande, il faut disposer d'une parcelle. Il faudra évoluer ou disparaître nous dit-on. Il y avait quand même deux personnes sympathiques et humaines dont un professeur qui a dit : "Si tout le monde était comme vous l'encadrement des enfants de la rue serait assuré à Kinshasa." Il a promis de passer voir le travail sur place.
Pourquoi m'as-tu jetée dans ce pétrin?
En mon coeur je dis à mon Dieu, pourquoi m'as-tu jetée dans ce pétrin, pourquoi m'as tu placée dans ces situations où je sens le sol se dérober sous mes pieds?"
Assez découragés nous amorçons la dernière visite: chez l'Abbé de la paroisse de Notre Dame où
Tout cela semblait si simple et si naturel pour lui. Alors qu'on venait de nous dire qu'il n'y a pas de terrain à Kinshasa, et qu'il est impossible qu'on nous aide à en acquérir. Il est vrai que l'église catholique, dispose encore d'espace. Priez avec nous que cette ouverture se confirme.



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