samedi 11 août 2012

Allô allô depuis Kinshasa!

Allô allô depuis Kinshasa!




C'était un doux sentiment de nous envoler en nous sentant portés, accompagnés par tant de bonnes présences. Dans tout ce que nous vivons ici ces présences bienveillantes sont là à l'arrière-fond et donnent du relief aux impressions qui nous traversent.

Un saut de puce et nous voici replongés dans la réalité congolaise! Tout notre voyage s'est passé sans la moindre turbulence et 24h après avoir partagé le dernier repas en famille à Lausanne, nous étions réunis autour de la table de la famille Mpona Minga qui nous nous offre une hospitalité basée sur une amitié de longues années.  









Premier jour,  jeudi 9 août

Ce matin à 9h Alfred Mbuta, le pasteur qui organise la formation pour les aumôniers, et Klaus, le collègue de Jean-Claude nous ont pris en passant pour nous amener au staff de l'Eglise. Occasion de remercier les autorités pour leur invitation et de donner quelques infos sur la suite de la formation des aumôniers.
Ensuite pendant que Jean-Claude et Klaus s'entretiennent de la suite de leur travail,  je me suis tranquillement installée sous une paillote. J'attends de recevoir la carte SIM et l'abonnement qui me permettra de prendre contact avec Arobase et les autres. La fatigue aidant, un petit creux se fait sentir…ce creux qui vient avec la détente après le grand passage. Tout paraît tout à coup presque banal et je me demande ce que je viens faire là. 

Fin d'après-midi:
Après une matinée d'attente, j'ai pu me connecter et atteindre Arobase. Nous faisons un petit détour par l'atelier des enfants sur le chemin du retour et voilà comment nous les avons trouvés: tout concentrés sur leur modelages, ils n'ont levé les yeux que pour la photo.




Quelle joie d'embrasser Arobase. Il nous  montre la petite pièce supplémentaire qu'il a construite en tôle Il l'a si bien installée que c'est devenu un salon accueillant.  II y a 43 enfants inscrits pour la poterie et l'alphabétisation. Pour la poterie ils viennent quand ils veulent. Chaque matin 10 à15 enfants se pressent autour des tables. Une quinzaine passent la nuit dans sa petite boutique. S'il a de quoi, il leur fait à manger et sinon il les couche sans manger, ce qui est fréquent en ce moment.  Sa maladie et le problème avec le four l'ont amené à s'endetter. Un de ses soucis c'est que trois propriétaires prétendent posséder  la parcelle sur laquelle il vit. L'un d'eux a construit sa case tout contre l'atelier et cherche à l'évincer. Mais Arobase se défend fermement et le comité du quartier le soutient car tout le monde reconnaît la valeur du travail qui se fait là.




Il y a une bonne nouvelle : Arobase nous conduit vers l'emplacement de son four. Il vient de recevoir l'autorisation de le remettre à cette place: le chef du quartier en a décidé ainsi car il estime qu'il faut encourager ce jeune artiste doué qui fait un bon travail dans sa rue. Il est le seul des anciens occupants de ce  lieu a avoir reçu cette permission. Son voisin, le coiffeur en est réduit à accrocher ses outils et inscrire son enseigne contre le mur.

  




Vendredi 10 août

Aujourd'hui je reprends contact avec l'atelier de poterie de l'église. En traversant la ville je suis frappée de découvrir que les grandes artères sont plus propres, qu'il y a moins d'embouteillages. Visiblement le gouverneur fait un grand effort pour le Sommet de la francophonie. Malheureusement au détriment de beaucoup de petits marchands qui ont été délogés des bords de rue. Mais dès qu'on arrive dans les quartiers populaires,  on retrouve  l'impression de déambuler au milieu d'une poubelle géante. Et pourtant je sens moins de répulsion et d'oppression que l'année passée. Je  m'habitue et surtout je suis sensible à la vie grouillante, aux gens assis et affairés dans leur cour. Le lien humain devient plus important que l'insalubrité.
Découverte du nouveau local que l'Accojed loue pour l'atelier de poterie, signalé par une belle enseigne. En passant la porte je suis saisie par la beauté du vase que Stoney est en train de graver avec art. Au milieu du chaos, un petit ilôt de création.

Samedi 11 août

Si tu reçois un sms qui t'annonce :"Impossible de te prendre à 8h30 car on arrange l'embrayage, peut-être ce sera fini dans une heure", interprète : "Tu ne verras pas le chauffeur ce matin et le programme prévu est annulé." Si on t'invite pour une fête qui doit durer de 15h à 17h,  sache que tu ne seras pas rentré avant 22h. (C'est ce qui arrive à Jean-Claude en ce moment. Je ne l'ai pas accompagné pour cette raison!) Tout marche plus lentement, même l'ordinateur. Mais l'accueil de la famille Mpona est plus que chaleureux. Ici nous avons juste pu les attraper sur une photo au moment où ils sortaient pour fêter un mariage.



Déjà hier Jean-Claude m'a dit : "Se rappeler pourquoi nous sommes venus, anticiper, entreprendre des démarches,... et en même temps accueillir les choses comme elles viennent".

Dans les deux ateliers retrouvés,  je vois partout les traces de l'amour que vous avez manifestés : dans le mobilier, les constructions, les locaux, la formation et c'est aussi ainsi que je vous sens présents ici.
Pleine de reconnaissance je vous embrasse, Thérèse

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