jeudi 26 octobre 2017

Cela n'arrive qu'aux autres!


En juin je vous parlais du Ciarue, qui était comme une barque secouée par les flots dans la ville de Kinshasa, je terminais en disant :" Nous croyons que ce long chemin va atteindre son but". Je suis pourtant retournée du 5 au 21 octobre avec le seul but "d'être avec" eux, mais à bout de ressources. Je ne comprends pas moi-même ce qui s'est passé mais visiblement, ce moment qui ne me semblait pas favorable était le temps choisi par Dieu pour une résurrection. Pendant ces deux semaines, les contacts avec le Reejer, (Réseau des éducateurs) la conclusion d'un partenariat avec le CCEF (Centre congolais pour l'enfant et la famille) ont remis le projet sur les rails. Une belle équipe de collaborateurs s'est constituée autour d'Arobase, et...nous avons trouvé



LE lieu favorable pour rétablir toutes les activités du Centre d'initiation aux art pour les enfants de la rue.


Voici, un peu plus en détail comment cela s'est passé:

Pendant tous ces jours, c’était un plaisir d’avancer avec Arobase, toujours aussi vivant, déterminé, lumineux animé de ce même zèle et cette volonté d’avancer, de marcher dans la justice et de transmettre son don aux enfants démunis. Nous nous sommes retrouvés avec joie le jour du 20e anniversaire de son épouse, avec leur enfant, le petit "Chouab".

Notre première visite nous a conduits au Reejer et, à ma grande surprise, M.Matondo, chargé de projets, s'est montré enthousiaste pour le travail du Ciarue, la seule ONG de la ville qui se consacre à mettre l'art aux service des enfants défavorisés. Il s'est engagé à nous accompagner pour reformuler le projet, ce qui ouvrira la voie pour la recherche de soutien.


Formation d'une équipe

Arobase a compris qu’il ne devait pas continuer à avancer seul avec son ONG et a pu réunir cinq amis qui aiment ce travail et sont désireux de s’associer avec lui.
J’ai eu la chance de participer à leur deuxième rencontre.


Léopold Kande, Yanny Ezoba, Déborah Babaka , Moïse Hegel Ndeko, Thérèse, Arobase Kazadi

Léopold Kande, artiste en fil de fer, fondateur d’une association,Yanny Ezoba , journaliste, travaille dans une chaîne télévision catholique, Déborah Babaka, chanteuse, musicienne, guitariste. Moïse Hegel Ndeko, étudiant en fin de licence à Unikin. en communication, Thérèse Kazadi, épouse d’Arobase, qui va gérer les activités génératrices de revenus, et Arobase Kazadi artiste céramiste et coordonateur de l'ONG.

Les idées étaient nombreuses : développer le côté culturel par les danses africaines, des chants, des saynètes, donner des cours d’alphabétisation, acheter un champ et cultiver, faire de l'artisanat (perles, modelage avec fil de fer), continuer la fabrication des braseros et les autres activités génératrices de revenu.

Le partenariat  avec le Centre congolais pour l’enfant et la famille,  présidé par notre ami de longue date, le prof Masiala,  nous a donné l'appui nécessaire pour continuer:


Après la formation de l’équipe, il fallait reprendre la recherche d’un siège.

Le premier point pour soumettre un projet, c’est d’avoir un siège visible, facilement atteignable. Nous nous sommes donc remis en route à la recherche de parcelles. Les partenaires du Ccef nous ont accompagnés dans cette recherche. Vu notre manque de moyens, on visait à trouver quelque chose pour 20'000$, (Il y a presque parité entre le $ et le CHF)mais rien ne s'est trouvé à ce niveau.

Dans un quartier périphérique, nous avons trouvé quelque chose pour 35’000$ qui aurait été bien mais il y a trop d’insécurité et de voleurs dans ce lieu. 

Mercredi nous avons continué dans une zone proche du fleuve. Avant de nous mettre en route nous avions pris l'habitude de demander d’être conduits vers le lieu préparé pour le Ciarue. 
Echaudé par l'expérience du Mt Gafula, Arobase disait "Cette fois nous n'avons plus droit à l'erreur." Nous partons donc dans d’autres quartiers. En fin de journée nous sommes arrivés devant une grande maison avec 5 appartements et un grand couvert, idéal pour les ateliers. Nous étions unanimes, ce lieu était exactement ce qu'il fallait pour développer les ateliers, les activités diverses et les 5 logements offrent de bonnes possibilités pour des bureaux et l'habitation des collaborateurs. Les enfants démunis du quartier qui n'ont pas les moyens d'aller à l'école seront accueillis pour la formation pendant la journée et rentreront dans les familles la nuit
L'espace couvert qui abritera l'atelier

Nous sommes entrés en contact avec le propriétaire, un pasteur évangélique d’une église de réveil. Son premier prix était 68’000$. En négociant, nous avons pu le baisser à 50'000 $. Le contrat de vente est en voie d’être conclu. Accompagné des conseils de notre partenaire CCEF, Arobase est en train de faire toutes les vérifications à l'Hôtel de ville, au cadastre. Ils sont en train d'obtenir toutes les signatures de la famille du vendeur et quand le juriste aura tout vérifié, le marché sera conclu.

Aurevoir, chers amis!
Je suis rentrée pleine d’étonnement de ce que nous avons vécu à Kinshasa. J’étais tout de même consciente que c’était une folie d’avoir promis de trouver les 50’000$ pour la maison en un mois, sans un sou dans ma poche. Je ne savais comment faire. Je me disais pour me consoler: C'est ça la foi: s’engager par amour, par conviction, sans savoir comment on va assumer. C’est ce que m’enseigne mon chemin avec nos amis du Congo, c’est ce qu’eux vivent au quotidien. Et le plus beau c'est que trois jour après mon retour, une personne a décidé, dans la plus grande discrétion,  de donner cette grande somme en vue de la conclusion de l'achat!
Ce genre de choses n’arrive en général qu’aux autres, non? Ou bien une fois dans la vie? En tous cas pour moi c'est la première!


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