"Dis papa, c'est loin l'Amérique"
Au milieu de mon temps à Kinshasa, je me sens comme Toto au milieu de l’Océan qui demande :« C’est encore loin l’Amérique ? » et reçoit la réponse « Tais-toi et nage ».
Toute expérience a son côté "cour" et son côté "jardin. Aujourd'hui je vous invite plutôt dans l'arrière-cour de la mienne. Jean-Claude est venu passer la soirée d'hier ici (une heure de route) pour un break de mi-semaine, et toute la journée je m’en suis réjouie. Rasssurée par sa présence j’ai eu le courage de regarder en face les questions non-résolues.
Alors que le four de l’Accojed semblait prêt à démarrer « demain », il y a chaque fois un élément nouveau qui vient reporter ce demain au surlendemain. Nous avons dépensé bien plus que prévu (de nos et vos contributions) pour ce four. Chaque jour il faut « ajouter » une autre somme : pour les fusibles, pour le dernier bout de câble… En principe c’est samedi le jour du raccordement. Et les questions restent lancinantes : va-t-il fonctionner ? et à long terme, va-t-il tenir?
Du côté du Centre d’initiation aux arts d’Arobase, hier nous avons commencé les démarches pour créer les statuts de l’ONG avec l’aide d’une jeune juriste amie. Elle nous avertit que cela va coûter passé 1000 $ pour obtenir obtenir la personnalité juridique... et qui sait de qu'il faudra « ajouter» encore. ("Ajouter"c’est l’expérience que fait de façon récurrente, celui, celle qui a eu la naïveté, la prétention ou la générosité de vouloir "aider" de l'extérieur dans ce pays.)
Je croyais avoir opté pour le soutien de l’auto-prise en charge et je découvre que je suis en train de porter des choses qui me dépassent. Au point où j’en suis, je suis consciente que je dois aller au bout, pour le four, pour l’ONG. Mais j'entends en arrière-fond la petite voix qui me dit: « Arrête de ramer, laisse couler, laisse-toi tomber comme le grain de blé qui tombe en terre."
Pour nourrir cette pensée, je cherchais la référence de la renaissance dans l’abîme (où, selon Maître Eckart, Dieu a choisi de cacher l’étincelle de la divinité) et je suis tombée par hasard sur cette image et ce texte :
« Respire tranquillement, imagine que tu es cet enfant Il reçoit tout ce dont il a besoin, sans compter. Il est l’image de ce qu’il y a de plus précieux en toi. C’est ton trésor. Prends-en grand soin. Parle-lui doucement, rassure-le."
Après cette "rencontre", je vais aborder la journée apaisée, non plus pour aller jusqu’au bout du monde, mais au cœur de ma vie, en faisant appel à la Présence Aimante qui entoure d'amour l'Enfant Intérieur.
Nous avions eu plusieurs contacts, plutôt décevants, pour le programme d'alphabétisation commencé chez Arobase. En fin de matinée, nous avions rendez-vous à l’atelier avec un homme qu’on nous avait recommandé : Coordinateur en alphabétisation, il circule comme le vent à travers la ville et connaît toutes sortes de situations. Il est engagé à la Maison de la Bible et il a dispose de matériel didactique bien pensé. Le courant s’est établi d’emblée avec lui. Ayant lui-même étudié à l’Académie des Beaux-Arts, le travail artistique d’Arobase avec les enfants l’a touché au cœur.
Il est touché par les œuvres des enfants et la précarité du cadre. Il va chercher avec Arobase comment donner une meilleure visibilité aux œuvres de l’atelier pour avoir quelques revenus par ce biai. Il a décidé d’apporter son soutien de formateur aux deux jeunes Yoshila qui donnent l’alphabétisation. Il veut prendre cet engagement sur son temps libre.
Pour nourrir cette pensée, je cherchais la référence de la renaissance dans l’abîme (où, selon Maître Eckart, Dieu a choisi de cacher l’étincelle de la divinité) et je suis tombée par hasard sur cette image et ce texte :
« Respire tranquillement, imagine que tu es cet enfant Il reçoit tout ce dont il a besoin, sans compter. Il est l’image de ce qu’il y a de plus précieux en toi. C’est ton trésor. Prends-en grand soin. Parle-lui doucement, rassure-le."
Après cette "rencontre", je vais aborder la journée apaisée, non plus pour aller jusqu’au bout du monde, mais au cœur de ma vie, en faisant appel à la Présence Aimante qui entoure d'amour l'Enfant Intérieur.
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Nous avions eu plusieurs contacts, plutôt décevants, pour le programme d'alphabétisation commencé chez Arobase. En fin de matinée, nous avions rendez-vous à l’atelier avec un homme qu’on nous avait recommandé : Coordinateur en alphabétisation, il circule comme le vent à travers la ville et connaît toutes sortes de situations. Il est engagé à la Maison de la Bible et il a dispose de matériel didactique bien pensé. Le courant s’est établi d’emblée avec lui. Ayant lui-même étudié à l’Académie des Beaux-Arts, le travail artistique d’Arobase avec les enfants l’a touché au cœur.
Il pose beaucoup de questions sur l’histoire et la démarche de l’atelier, et assez vite il lâche : "Je peux vous aider." ( J'en ai les larmes aux yeux.) Il relève d’emblée la nécessité pour Arobase d’inscrire son atelier à la commune pour travailler sous la protection de la loi. Il est prêt à l’accompagner au Ministère des affaires sociales, prêt à l’aider à rédiger les statuts de son ONG.
Il est touché par les œuvres des enfants et la précarité du cadre. Il va chercher avec Arobase comment donner une meilleure visibilité aux œuvres de l’atelier pour avoir quelques revenus par ce biai. Il a décidé d’apporter son soutien de formateur aux deux jeunes Yoshila qui donnent l’alphabétisation. Il veut prendre cet engagement sur son temps libre.



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